Portrait : Jason Lecesne, un conducteur routier passionné !

Chauffeur routier chez les transports Setak, Jason Lecesne parle à cœur ouvert de son métier passion, les bons moments de son quotidien mais aussi les moments plus difficiles avec entre autres les différents confinements, les interdictions et le mépris ressenti envers sa profession…

Jason, pouvez-vous tout d’abord m’expliquer le parcours qui vous a mené au métier de conducteur routier, était-ce une envie d’enfant ?

Je suis passionné depuis tout petit par tous les véhicules à moteurs, mon oncle et mes cousins sont conducteurs routiers, mon père travaille dans la logistique, j’ai toujours été bercé dans ce monde de camions. Pourtant tout mon parcours n’a été qu’un hasard ! Je n’étais pas forcément décidé et j’ai commencé par travailler en gendarmerie. Au bout de 5 ans, j'ai ressenti le besoin de voir autre chose et je me suis tourné vers ma passion. Grâce à une reconversion professionnelle, cela fait 4 ans que je suis conducteur routier. 

Pouvez-vous me parler de votre quotidien avec les points tant positifs que négatifs ?

Il y a des points négatifs dans ce métier mais comme dans la vie en général si j’ose dire…

Il faut toujours savoir s’adapter aux autres : la mauvaise conduite de certains conducteurs (camions comme voitures), les blocages, les interdictions, les anticipations que nous devons gérer pour les temps d’arrêt et qui deviennent de plus en plus compliqués mais ce métier est fait de tant de belles choses ! 

J’aime conduire bien sûr mais j’aime surtout le fait que je n’ai aucune routine. Si je retourne chez un client que je connais, je peux repasser 10 fois au même endroit, le paysage sera à chaque fois différent ! Les relations humaines créées avec les clients réguliers sont aussi très enrichissantes.

Dans l’imaginaire collectif, être routier c’est simplement savoir conduire un camion après tout… Que répondez-vous à cela ?

Je réponds que, même si notre travail consiste en effet à conduire un camion, il faut aussi savoir que l’on fait beaucoup d’autres choses : du débâchage, de la manutention, de l’attache de marchandises, du déchargement, répartir les charges, savoir si toute la marchandise rentrera dans le camion… 

Sur une journée de 13h, nous réalisons 9h de conduite. Cela veut bien dire qu’il reste 4h que nous occupons à d’autres tâches.

Si un jeune envisage ce métier, qu’est ce vous auriez envie de lui dire ?

Qu’il faut savoir faire preuve de patience tant humaine qu’en conduite. C’est la première qualité qu’il faut avoir ! Il faut en effet savoir être patient quand on attend d’être déchargé parce qu’il y a d'autres camions avant nous, un peu comme à la caisse d’un magasin. Dans les bouchons et autres aléas de la route également. Enfin être patient avec les gens en général. Nous sommes en contact avec des personnes aux profils tellement différents qu’il faut savoir s’adapter comme dans la vie en général.

Il faut aussi réellement comprendre le métier ! Il faut par exemple bien se rendre compte que, quand on part sur la route une semaine entière, aujourd’hui ce qu’une personne arrive à faire sur 7 jours en rentrant le soir, il nous faut savoir, quant à nous, le faire entre le samedi et le dimanche. Il faut donc savoir gérer son temps et ses priorités entre les rendez-vous médicaux, les tâches ménagères, les sorties entre amis, tout est à adapter sur un à deux jours. Malgré tout, on a un métier enrichissant par la diversité des types de véhicules, des tâches, des clients, …

Il faut aussi garder en mémoire que si la personne n’aime que la route, elle n’a pas forcément beaucoup d’évolution possible. Il y a en revanche énormément d’autres directions dans lesquelles on peut aller. Personnellement je me vois bien dans 20 ans faire le convoi exceptionnel de gros bateaux, d’avions, c’est quelque chose qui me passionne. C’est encore un autre métier où on réalise 200 km sur 9h de route mais cela demande beaucoup d’attention, de technique sur la route, c’est un métier bien différent de celui qui va faire ses 600/700 km sur 9h/jour.

Les périodes de confinement ont été compliquées pour les routiers, comment l’avez-vous vécu ?

Le confinement a été fait de rebondissements. Du jour au lendemain nous avons été quasi seuls sur la route mais tout avait fermé. On s’est tous sentis comme abandonnés sans aucune aide : sanitaires, repos, douches, nourriture, tout était fermé et nous devions malgré tout transporter les produits essentiels pour l’ensemble de la population.

Les choses se sont toutefois rapidement améliorées, l’importance de notre métier a été soulignée et une entraide s’est mise en place. Certaines entreprises, les transporteurs entre eux, les aires d’autoroutes nous ont ouvert leurs portes. Il y a eu également énormément de solidarité par le biais de certaines applications mises en place à cet effet, les réseaux sociaux également qui partageaient les lieux ouverts aux routiers. Tout a finalement été rapide et la période difficile a été plutôt courte.

Cette solidarité entre transporteurs existait déjà non ?

Disons que pas vraiment. Avant, les routiers communiquaient énormément par CB mais aujourd’hui ça n’existe plus car d’une part remplacée par les réseaux sociaux et d’autre part, aujourd’hui, nous sommes tous dépassés par les temps qu’il faut savoir gérer : « il est 17h, il me reste une heure de route mais je dois m’arrêter, je ne suis pas sûr d’avoir de la place et là, un chauffeur appelle car il a besoin d’aide, il est à 20 mn. Si j’y vais est ce qu’il va rester de la place pour qu’ensuite je m’arrête parce que je le dois, est ce que je dois dépasser mon temps ? » On a tous une énorme pression pour gérer tous ces impératifs de temps qui nous sont imposés, ce qui fait que cela devient difficile de s’entraider.

Le métier de routier a une image plutôt négative, qu’auriez-vous envie de dire et que faudrait-il faire pour changer les mentalités ?

Pour moi, le plus important est de changer le discours des médias qui sont plus qu’influents auprès des Français. 

Dès qu’un accident implique un camion, on parle « d’un accident avec un camion » même si le camion n’est pas en faute. L’image est négative, on est donc des dangers publics dans l’esprit collectif à tel point que certains maires nous interdisent la traversée de leurs villes, certains magasins installent des portiques pour que nous ne puissions pas entrer sur leurs parkings. Il faut savoir que statistiquement, il y a plus d’accidents avec des véhicules légers qu’avec des poids lourds ou des bus… 

Également je pense qu’il y a une énorme méconnaissance de notre métier, ce qui peut sembler normal dit comme ceci. Même si certaines personnes ne trouvent pas beau de voir un camion stationner (sur une place autorisée bien sûr), il faut s’imaginer que le chauffeur a peut-être fait 4h de route et a besoin de se reposer pour rester alerte sur sa conduite, respecter le temps de conduite autorisé par la loi…

Vous défendez votre métier avec ferveur, faites-vous des actions pour continuer dans ce sens ?

J’ai créé un groupe Facebook qui a atteint les 700 followers avec des chauffeurs de camion et de bus, des femmes de chauffeurs, des jeunes, des personnes qui souhaitent exercer ce métier. 

L’objectif était de créer un groupe pour partager toutes les belles choses que nous vivons au quotidien par le partage de photos des paysages que nous pouvons traverser. Nous avons la chance d’exercer un métier qui va nous mener au port de Marseille le premier jour, à bordeaux le lendemain et ensuite à Paris. Rares sont les métiers qui le permettent !

Le groupe permet également l’entraide entre chauffeurs : répondre aux questions, venir en aide quand certains rencontrent des difficultés, alerter des routes dangereuses comme en cas de neige ou de verglas par exemple. 

Si je vous laisse le mot de la fin… qu’auriez-vous envie de dire ?

Je dirais que même s’il y a des points négatifs, c’est un métier passion rempli de tellement belles choses. Il faut voir les points positifs, on se lève avec et par passion ! On fait tous partie d’une grande chaîne sur la route et nous devons rester une grande chaîne de solidarité pour pouvoir s’entraider. 

Pour moi ? C’est l’un des plus beaux métiers qui soit où j’ai la chance de pouvoir voir des choses que d’autres ne pourront pas voir …

 

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